Le quartier Esseghem et son histoire

Mais quel est donc ce quartier où Magritte a vécu pendant 24 ans et qui abritera le premier musée d’Art Abstrait belge ? Il s’agit d’un endroit du nord de Bruxelles assez méconnu des visiteurs et qui fait partie de la commune de Jette. Nous vous proposons de retracer son histoire afin de vous imprégniez du quartier comme René Magritte l’a connu.

Le quartier Esseghem est originellement un hameau très ancien établi le long d’un chemin reliant Jette à Laeken, bordée à l’origine de fermettes puis de maisons ouvrières.

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Plan Cadastrale du quartier Esseghem en 1830. erfgoedbankbrussel.be
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Fermette dans la rue Delathouwer. erfgoedbankbrussel.be

Esseghem abrite aussi le « vieux Pannenhuis », une auberge datant du XVIIe siècle et qui a abrité de nombreux évèmenents historiques. Napoléon est  venu y faire une halte, l’on raconte que Léopold Ier  y a séjourné à son entrée à Bruxelles, et la Résistance a pensé le fameux « Faux Soir » dans les caves de cet établissement.  Cette auberge donnera plus tard son nom à l’arrêt de métro Pannenhuis.

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Vue de l’Ancien Pannenhuis avec sa terrasse. Circa 1930. erfgoedbankbrussel.be

Lorsque les Magritte arrivent au 135 de la rue Esseghem en 1930, ils sont les premiers locataires d’une maison neuve. Le 137 quant à lui, qui abritera le musée d’Art Abstrait, fut construit bien plus tôt, au tout début du XXe siècle. Il a vraisemblablement été construit par un marchand de bière, origine bien belge pour un bâtiment qui abritera les œuvres d’artistes abstraits de notre plat pays.

A l’époque, le quartier est une bourgade tranquille, presque campagnarde, avec pour preuve ces plans comparatifs issus de bruciel

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En 1930, lorsque les Magritte arrivent, ils n’ont  pas de vis-à-vis comme on peut le constater sur la vue aérienne ci-dessus. C’est ce paysage assez campagnard qui aurait pu inspirer certains de ses tableaux (voir par exemple La condition humaine peinte en 1933 http://af.bibliotherapie.free.fr/Article%20Magritte.htm)

Voici la même vue aérienne 23 ans plus tard, un an avant le départ des Magritte de la rue Esseghem. Le quartier a déjà bien muté.

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Pour la petite histoire, les Magritte se lient d’affection pour les petites Jacqueline et Jeanne Moreau, des soeurs qui habitaient au 137. René Magritte sera affecté par le décès accidentel de la petite Jacqueline en 1945 et en fera même part à Mariën dans une lettre. Quant à la petite Jeanne, elle fera partie des témoins qui ont aidé André Garitte à mettre en place le Musée René Magritte. Un lien unit donc ces deux maisons au fil de l’histoire quotidienne des Magritte dans ce quartier.

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Jeanne et Jacqueline Moreau sur le balcon du 137 rue Esseghem vers 1945.

Pour terminer, quelques photos d’époque en guise d’illustration.

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